En fait je ne m'habitue toujours pas à voir ses cheveux courts et sa veste en cuir, je ne comprends toujours pas ce qu'il pense et j'ai beau faire efforts, c'est beaucoup trop facile de le regarder des minutes entières sans rien dire.
C'est vrai, ces derniers temps je préfèrerais être muette, je n'aurais aucune explication à donner à mon mutisme. J'en ai assez de me justifier. Plus j'écris plus je me tais, plus je m'éloigne de vous et me rapproche de rien. Ou pas grand chose. Je ne vois vraiment plus ce que je fais ici.
Le temps ne passe tout simplement pas, je ne trouve absolument personne - si au moins cela pouvait faire passer le temps - et en réalité je me suis arrêté de chercher. Ca n'a aucune importance. Je voudrais que les mois passent plus vite, j'aurais voulu voir plus de monde, et je me referais bien, avec des si. Changer mes cheveux, mes couleurs, mes poumons, ma tête et mon coeur, j'en ai assez de croiser une palette de gris dans tous les miroirs, je suis éteinte. Vous voyez bien.
Ce qui me déconcerte, c'est que cette fois mon errance sentimentale n'est due à personne. et ca me décontenance de n'avoir personne à qui donner la faute, à qui écrire pour moi. Alors je me tais, je grossis. Comme si mes non-dits s'installaient sous ma peau. Personne ne l'a vu.
Je vais me réveiller, j'aimerais, mais c'est si dur de soulever un poids mort
Mon coeur


smokeandveil

Puis moi et mes crises de misanthropie